1. La Tête en l'air

la vie est basée sur l'échange, et l’arbre est un être vivant. Un arbre vit en échangeant de la matière avec son environnement, à savoir l’atmosphère, le sol et les êtres vivants qui le cotoient.

Comme tout être vivant, l’arbre possède des cellules qui réagissent  en brûlant des glucides par la consommation de l’oxygène de l’air, et en rejetant du dioxyde de carbone. Les plantes vertes ont une capacité spécifique: certaines cellules de ses feuilles sont capables d’effectuer la réaction inverse: Captant le dioxyde de carbone grâce à leur chlorophylle (du grec chloro, vert, et phylle, feuille) elles en retiennent le carbone pour fabriquer des glucides et rejettent de l’oxygène dans l’atmosphère, nous venons de parler de la photosynthèse.

Cette réaction, la photosynthèse, n’est possible que si la feuille reçoit de la lumière, et elle est d’autant plus efficace que la lumière est plus intense.
Le bilan des deux réactions opposées, respiration et photosynthèse, varie donc selon l’ensoleillement : par une belle journée d’été, l’arbre est globalement producteur d’oxygène, mais à la tombée de la nuit il se met à en consommer. L’hiver, beaucoup d’arbres trouvent plus rentable de se débarrasser de leurs feuilles car la faible lumière solaire ne permet pas une photosynthèse suffisante pour compenser le coût de leur respiration.

2. Les pieds dans la terre

En-dehors du carbone et de l’oxygène, les éléments dont l’arbre a besoin se trouvent dans le sol. Absorbés par les poils des racines, les sels minéraux dissous dans l’eau constituent la sève brute, qui monte dans l’arbre à travers un ensemble de vaisseaux spécialisés : le xylème. En sens inverse, la sève qui s’est chargée dans les feuilles des produits de la photosynthèse, ou sève élaborée, est distribuée par d’autres vaisseaux constituant le phloème. Ces vaiseaux forment un réseau continu à travers le tronc, les branches et jusque dans les nervures des feuilles.

 

Enfin, l’arbre échange avec les êtres vivants qui partagent son milieu. Parfois les deux parties y trouvent leur compte : Il offre du nectar aux insectes qui transportent son pollen sur d’autres arbres, ou des fruits nourrissants aux animaux qui, en les emportant, disperseront ses graines. D’autres fois, c’est bien malgré lui qu’il sert de repas aux insectes ou aux autres plantes qui le parasitent. Si l’on ajoute les innombrables espèces animales et végétales à qui il offre un abri, un support ou simplement son ombrage sans qu’il lui en coûte rien, on voit à quel point l’arbre joue un rôle central dans les écosystèmes auxquels il participe !

3. Ecosystème forestier

Un écosystème forestier se définit par la présence d’arbres dont les frondaisons se touchent au moins partiellement, formant un boisement fermé. Il se distingue ainsi d’autres milieux naturels comportant des arbres, mais dispersés : les boisements ouverts (comme les savanes à acacias).

Un écosystème forestier se découpe verticalement suivant des étages ou « strates » : strate sous-terraine (sous-sol, mycéliums des champignons, racines...), strate herbacée (plantes de sous-bois, champignons...), strate arbustive (taillis constitué d’arbustes comme les noisetiers et de jeunes arbres), strate arborescente (arbres de haute taille : chênes, pins...).

Ecosystème: terme scientifique correspondant au terme du langage courant «milieu naturel». Un écosystème désigne une zone de la nature comprenant d’une part des éléments inertes, physiques et chimiques (sol, air, climat...) et d’autres part les êtres vivants qui l’habitent (végétaux, animaux, champignons, micro-organismes), l’ensemble entretenant des relations d’échange de matière et d’énergie. L’écosystème est l’unité structurale et fonctionnelle de base, le concept-clé, des sciences écologiques.



Type de forêt
Régions du monde
Essences majoritaires


Forêt tempérée
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Chênaie pubescente à Fontainebleau
Europe atlantique et continentale,
Amérique du nord aux latitudes moyennes
Feuillus à feuillage caduc : chêne rouvre (sessile) et chataîgnier sur sol acide..., chêne pubescent et hêtre sur sol calcaire.

Exception : forêt de séquoias (conifères géants, jusqu’ à 100 mètres de hauteur !) de la côte ouest des USA



Forêt boréale (taïga)
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taïga

Europe du nord, Sibérie, nord du Canada, Alaska
Conifères : épicéas, sapins, pins et mélèzes

Persistants ou décidus suivant les régions



Forêts de montagne
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Toutes montagnes des régions tempérées
Conifères (épicéas, mélèzes) persistants.

L’altitude et le versant déterminent l’étagement de la végétation.



Forêt méditerranéenne
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Pourtour de la Méditerrannée
La forêt primaire* méditer-ranéenne était constituée de chênes verts sur sol calcaire, de chênes-liège sur sol siliceux. Surexploitée et victime d’incendies à répétition, elle a été remplacée par une forêt secondaire de pins (pin parasol, pin maritime, pin d’Alep...). Si la dégradation se poursuit, cette forêt secondaire cède la place à des formations végétales non arbustives (guarrigue, maquis).

Les forêts méditerranéennes se caractérisent par l’adaptation à la sécheresse et à la chaleur estivales.

La forêt méditerranéenne reste toujours verte (chênes verts ou liège et pins sont des arbres persistants).



Forêts tropicales (ou équatoriales)
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De part et d’autre de l’équateur jusqu’aux tropiques, en Afrique, Amérique centrale et du Sud (Amazonie), Asie du sud-est, mais aussi Inde, Madagascar... Grande variété d’espèces d’arbres (au moins 50 000), par exemple le teck, l’acajou, l’iroko, le merbau, le fromager, les plus grands atteignant 50 mètres de hauteur ; fougères arborescentes ; lianes ; plantes poussant sur les arbres (plantes épiphytes) comme par exemple les spectaculaires orchidées tropicales.

Spécificités : Intrication des strates végétales, faible lumière atteignant le sol en raison de la densité végétale en hauteur.
Forêts toujours vertes, car en l’absence de saison froide marquée, les différentes espèces d’arbres ne perdent pas leurs feuilles au même moment.

les caractéristiques écologiques d’un lieu donné (sol, climat, altitude, latitude...) déterminent si l’écosystème le plus stable est forestier et de quel type de forêt il s’agit. On peut toujours planter une forêt inadaptée à un lieu donné (plantations d’épicéas en basse altitude...) dans un but d’exploitation mais elle devra être entretenue, car laissée à elle-même elle évoluera vers la forêt qui y poussait spontanément (par exemple, forêt tempérée de feuillus en basse altitude sous nos latitudes)
forêt primaire: forêt « d’origine », poussant spontanément en un lieu donné, et n’ayant jamais subi d’exploitation ni encore moins de plantations par l’homme. Dans le monde il ne reste des forêts primaires que dans le grand nord (forêt boréale) et les régions tropicales (certaines parties encore intactes de la forêt amazonienne par exemple).
Dégradées par l’homme (déforestation, incendies...), elles peuvent être remplacées par une forêt secondaire, comportant d’autres espèces, ou par une forêt gérée plus ou moins durablement (cas des forêts des pays développés, comme la forêt française).